samedi 23 mai 2009

SAINT-DENIS : VIDEOFLICAGE OU TRAVAIL PREVENTIF ?


La sécurité est souvent le thème de prédilection d’une certaine droite peu scrupuleuse lorsqu’il s’agit de jouer sur le sentiment de peur comme le montre l’affaire du fichier Edvige. Quand en juin dernier, le Président Sarkozy demande à sa ministre de l’Intérieur de prendre exemple sur la Grande Bretagne et de tripler le nombre de caméras sur le territoire, il est dans son registre.
Aujourd’hui la nouvelle majorité municipale annonce un renforcement de la vidéosurveillance à Saint-Denis. Serons-nous demain des citoyens fichés et filmés au nom de la sécurité publique ? Certes on ne peut reprocher à un maire de veiller à la sécurité de ses administrés mais il doit le faire avec discernement.
Plus d’un demi-million d’euros ont déjà été dépensés avec l’argent des contribuables dionysiens pour installer en 2005 treize caméras et un central. Pour quel résultat ? La nouvelle équipe décide de renforcer ce système, 15 nouvelles caméras et 150 000 euros supplémentaires sans qu’aucun bilan n’ait été réalisé sur son efficacité. Pour justifier cette mesure, la première adjointe déclare vouloir surtout combattre le « sentiment d’insécurité » des dionysiens dont une enquête d’opinion lui affirme qu’il est « assez fort »….
Il est pourtant démontré que la vidéo surveillance urbaine est inefficace : en mai 2008, à Londres, ville où il y a une caméra pour 14 habitants, un rapport officiel reconnaissait que des milliards avaient été engloutis pour des résultats très décevants. Et pourtant Londres est une ville où les délits, crimes et attentats terroristes sont évidemment sans commune mesure avec le type de délinquance existant dans le chef lieu. Les caméras sont souvent impuissantes : elles peuvent filmer une agression mais ne l’empêcheront pas et ne donneront aucune information si l’agresseur détourne simplement le visage ou porte une capuche.
Les Verts sont partisans d’une véritable politique de prévention sociale qui s’attaque à la racine du mal, dans les quartiers avec des actions réellement financées, des logements décents, des services de proximité, des équipements publics, etc. Ce n’est pas le « sentiment d’insécurité » qu’il faut combattre, mais bien l’insécurité sociale dans laquelle vivent des milliers de dionysiens dépendant des minima sociaux et des jeunes sortant du système scolaire avec la précarité comme seule perspective.

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