samedi 23 mai 2009

VELIB’ OU MANIP’ ?

(photos de Saint-Denis)


La Mairie de Saint-Denis a mis en place un service de location d’une poignée de vélos dans le parking de la rue Sainte Anne. Cette annonce fait sourire les rares cyclistes qui osent affronter les rues du chef lieu mais elle s’intègre parfaitement dans une opération marketing qui emprunte à la technique sarkozyste de communication consistant à faire de l’affichage dans les médias à défaut d’agir réellement. C’est la technique du buzz publicitaire : on fait du bruit autour d’un produit qui n’existe pas. On sait que la nouvelle majorité qui n’avait pas de plan vélo dans son programme électoral, est mise en cause pour son inertie politique face à la pression de plus en plus forte de l’automobile et ce, d’autant plus que la transformation de la ZAC Océan en vaste parking n’améliore pas l’image de la mairie. Elle contre attaque donc en occupant le créneau médiatique.
Il y a quelques semaines, l’adjoint à l’environnement se faisait photographier dans la presse avec son vélo à l’occasion d’un article sur l’initiative privée d’un commerçant qui loue des vélos électriques rue Jean Chatel. Aujourd’hui avec l’annonce d’une offre étriquée de location municipale de bicyclettes, on évoque presque un Vélib’ local ! C’est peut-être bien joué sur le plan média mais la politique urbaine n’est pas un jeu. Développer un plan de déplacement non polluant, bon pour la santé et non accidentogène, ne se fait pas à la sauvette ou par un simple effet d’annonce. Une politique du vélo doit être partie intégrante d’un travail de planification urbaine à travers des documents d’urbanisme comme les SCOT, PLU, PDU, Schémas de déplacements, etc.
Il ne sert à rien de mettre en location des vélos s’il n’y a pas de bandes cyclables, pas de pistes, pas d’aménagements aux carrefours, pas de plan de modération des vitesses automobiles pour la sécurité des cyclistes, pas de plan de réduction de la pression automobile contre la pollution et pour protéger la santé des cyclistes, pas de protection contre le vol et pas de structures de parcage des vélos. Or, ces mesures et ces équipements n’existent pas à Saint-Denis. Y faire du vélo, c’est risquer l’accident, le vol, c’est respirer un air pollué et ne pas savoir quoi faire de son engin à la fin du trajet. Enfin, l’une des clés d’une politique vélo réussie, c’est son articulation avec le développement du transport collectif, or, la remise en cause du Tram Train par le projet de boulevard nord automobile, démontre la vacuité de cette annonce. L’argument municipal selon lequel si le public est satisfait, le parc de vélos s'agrandira progressivement est vicié à la base : comment le public pourrait-il manifester de l’engouement pour une poignée de vélos quasiment inutilisables dans le contexte urbain actuel ? Les Dionysiens attendent que se manifeste une véritable ambition politique en faveur de déplacements urbains alternatifs au tout automobile qui règne actuellement sans partage dans le chef lieu.

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